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Covid 19 - Nos étudiants mobilisés témoignent...

07/07/2020

Covid 19 - Nos étudiants mobilisés témoignent...

Durant la crise du Covid-19, nos étudiants ont été mobilisé, soit dans le cadre de leur stage, soit sur une mission de bénévolat.

Ils témoignent de leur vécu et de leur ressenti au cours de cette période hors du commun.

SILINI Nadia

Nadia - Formation AS- Troyes

Dans quel cadre avez-vous été mobilisée ?

C’est dans le cadre de ma formation, lors de mon deuxième stage prévu en maison de retraite que je devais intégrer une résidence pour personnes âgées. Suite à un cas de Covid, mon stage s’est finalement réalisé du 6 avril au 1er mai au sein d'une maison de retraite.

Quel était votre quotidien de soignant pendant cette crise ?

Très vite dans le bain, nous étions présents pour nous occuper des résidents assignés dans leur chambre pour limiter une propagation éventuelle. Je m’occupais surtout des toilettes, des repas de midi et des changes l’après-midi. Au-delà de cela, c’est la présence auprès des résidents qui était primordiale, surtout qu’ils étaient en rupture avec leurs familles. Les animatrices étaient très actives, entre les vidéos en ligne avec les familles, les promenades individuelles dans le parc avec les résidents, les lotos dans les couloirs… Nous intervenions en renfort auprès des personnes âgées, très demandeuses de notre présence.

Les mesures barrières faisaient également parties de notre quotidien : les portes de la résidence étaient fermées, avec une seule entrée pour que nous puissions nous désinfecter les mains et mettre en place nos masques FFP2. Nous devions nous changer dans un vestiaire et surtout, laisser nos habits de travail sur place pour que ceux-ci soient pris en charge pour le lavage. Tout était vraiment très bien fait et aucun cas de covid n’a été signalé lors de nos tests fin avril.

Votre mobilisation a-t-elle eu un impact sur votre quotidien ?

Plus que tout le reste, c’était la solitude des résidents qui me mobilisait. J’avais un peu peur au début mais quand j’ai vu les moyens mis en place, mes craintes se sont dissipées très vite. J’étais fière et contente de faire partie de l’équipe, d’apporter mon aide aux résidents.

« Dans notre métier, que l’on veuille ou pas, il y aura toujours des virus ! Mais c’est notre métier, il ne faut pas avoir peur et l’assumer ! »

J’ai surtout fait très attention avec ma fille : au début, j’ai mis un peu de distance puis on rentre très vite dans le quotidien. A peine rentrée, déshabillage, douche, et enfin, je pouvais me détendre. Je voulais mettre une barrière entre mon travail et la maison, et ce rituel en faisait partie. J’ai également pris le temps d’expliquer les choses à ma fille et à ma famille pour lever les craintes.

Quelle expérience en tirez-vous ?

On voit ce qu’est l’entraide ! Notre présence est importante pour les gens notamment face au manque familial. Je savais ce que je voulais faire et cela a confirmé mon choix.

J’espère vraiment que ce virus va finir par disparaitre, que les personnes âgées puissent reprendre leur routine et surtout le contact avec leurs proches. La famille est importante.


HENRY India

India - Formation IDE 1ère année - Metz

Dans quel cadre avez-vous été mobilisée ?

J’ai commencé mon stage bien avant le confinement, et la situation pandémique n’était pas spécialement mise en avant. La prise de décision n’a pas été rapide, il a fallu de nombreux cas sur le territoire pour que les responsables mettent des mesures sanitaires importantes en place. Mon stage se déroulait au sein d’un Ehpad, stage dans lequel je devais valider mes compétences pour le diplôme d’Aide-soignant.

Quel était votre quotidien pendant cette crise ?

J’avais 3 à 4 résidents en charge, et j’apportais mon appui au collègue. Un protocole conséquent a été mise en place, avec masques et blouses. Des ailes de l’Ehpad étaient réservées au Covid, mais nous n’y avions pas accès. Par contre l’équipement était obligatoire dès que nous pénétrions dans les chambres des résidents.

Les résidents étaient en confinement dans leur chambre et n’avait aucun contact avec l’extérieur : leur seul point de repère restait les soignants. Certaines familles tentaient bien de leur faire passer des colis mais nous restions vigilants. Le plus dur était de leur faire respecter les règles sanitaires, de leur expliquer l’importance de la propreté des mains et de la mise en place des distanciations physiques. La plupart des résidents touchés par le covid l’ont été avant le confinement, lors de leurs examens à l’extérieur : étaient surtout concernés des personnes atteintes de pathologies plus lourdes.

Lors de mon stage, il y avait des résidents dont j’étais très proche : je sais que nous nous devions de garder de la distance mais leur famille étant absente, il était normal qu’un autre lien se créé. Il m’a été très difficile de quitter ou de voir partir ces personnes.

Votre mobilisation a-t-elle eu un impact sur votre quotidien ?

J’ai pris l’asepsie très au sérieux : lors de mon bac professionnel, les services étaient moins regardant sur le protocole sanitaire qui pourtant était déjà fort présent dans les services de soin. Mais dans le cadre de cette pandémie, je me devais de redoubler de vigilance.

Je n’ai, comme pour beaucoup de gens, pas pu voir ma grand-mère qui est une personne à risque. Ma famille est très soudée et ce lien m’a manqué.

Le confinement a eu un impact sur tout le monde, y compris le manque de sortie chez les jeunes. Je n’ai également pas pu voir mes amis.

Autour de moi, les gens étaient tous bienveillants : les voisins me soutenaient lors de mes départs au travail, ils nous offraient des cadeaux, des gestes amicaux… dommage que cette solidarité ne soit déjà plus qu’un souvenir.

Quelle expérience en tirez-vous ?

J’ai toujours voulu être soignante et cela me conforte dans mes choix de vie et d’être au côté des gens dans les soins et le quotidien.

Je retiendrai la solidarité.

Je trouve aussi qu’il n’y a pas assez de reconnaissance vis-à-vis du personnel qui s’occupe du nettoyage des lieux de soins : il prend également en charge la désinfection des locaux, avec des risques qui n’en sont pas moindre.

Il m’a aussi été difficile de voir partir des gens dont nous nous occupions….


CLAIR Cécile

Cécile - Formation IDE 3ème année - Metz

Dans quel cadre avez-vous été mobilisée ?

Mon stage devait initialement s’effectuer au Luxembourg sauf qu’avec l’arrivée du confinement et la fermeture des frontières, j’ai dû me réorienter sur un hôpital du Grand Est, en réanimation polyvalente. Il y a eu beaucoup de réaffectations de stages suite à la pandémie.

Quand je me suis présentée, j’ai appris que le service passait en réanimation covid.

Quel était votre quotidien pendant cette crise ?

J’ai eu du mal à trouver ma place ! Certains vont trouver leur voie dans l’action, moi je pensais que je n’étais pas suffisamment armée pour être opérationnelle immédiatement au sein d’un service de réanimation, et encore moins dans une urgence pandémique.

J’y ai tout appris ! j’ai mis quelques semaines pour trouver ma place mais en définitive complètement intégrée au service.

Comme tous les services destinés à lutter contre le virus, l’asepsie était primordiale, avec un sas tenue propre/sale et la panoplie complète : blouse, charlotte, masque, chaussons. Le manque de blouse était une réalité quotidienne, nous avions même fait des blouses en sac poubelle et lavions les anciennes pour les réutiliser et nous protéger.

Déjà, quand vous arrivez dans une stage normal en tant qu’étudiant, c’est difficile : les services sont en tension, il manque des effectifs… mais arriver dans un espace Covid, c’est juste impressionnant.

Votre mobilisation a-t-elle eu un impact sur votre quotidien ?

Je n’ai jamais eu peur pour moi, je n’avais pas d’appréhension sur la maladie en elle-même. J’avais surtout des craintes pour ma famille, mes proches et mes parents.

Du moment où j’ai su que j’allais en réa-covid, j’ai souhaité prendre des distances avec ma famille.

Mon conjoint, qui travaille au Luxembourg, a été dépisté et testé positif : nous avons été en quarantaine mais n’ayant toujours rien déclaré au bout de 8 jours, j’ai souhaité revenir sur le terrain. A l’heure actuelle, je n’ai toujours pas contracté le virus.

Quelle expérience en tirez-vous ?

Comme c’était le stage pré-professionnel, ils étaient persuadés que c’était dans ce type de service que je souhaitais travailler par la suite.

Et on ne peut pas demander à un étudiant de tout maîtriser en entrant en stage : par contre maîtriser en sortie de stage est plus cohérent pour moi.

C’était particulier parce qu’il n’y avait pas de relationnel avec le patient (sédaté) ni avec sa famille (au part au téléphone). La reprise de la vie courante pour ces gens est très difficile, on a l’impression que tout est ralenti : la rééducation est très dure, le cerveau a quand même été mis en veille pendant un long moment et c’est comme si c’était difficile de revenir à la vie.

Le manque de matériel de protection était également dans notre quotidien : nous manquions de masques mais les gens dans la rue étaient tous équipés ; c’est assez surprenant !

Je ne me voyais pas rester à la maison sans agir de toute façon : il me fallait aller sur le terrain et finir ma scolarité avec cette expérience était plus qu’honorifique. Je suis fière d’avoir réussi à acquérir les gestes et connaissances nécessaires à ce type de poste.

Sur la fin, j’ai commencé à apprécier la réanimation, mais la polyvalente : les patients ne sont pas endormis et il y a une différence de prise en charge. Je pense que le travail en réanimation nécessite de la confiance et une bonne expérience.

En tant qu’étudiante, j’ai vécu autre chose que les stages classiques. J’étais en réanimation Covid et je pourrais dire plus tard que oui, je l’ai vécu !


DE SABBATAT Jonathan

Jonathan - Formation IDE 3ème année - Metz

Dans quel cadre avez-vous été mobilisé ?

J’ai un parcours un peu atypique, avec une formation d’auxiliaire sanitaire à l’Armée et quelques années de terrain. Ma période de stage arrivant à sa fin peu avant le confinement, c’est tout naturellement que j’ai souhaité profiter de mon diplôme d’Aide-soignant pour mettre à disposition mes compétences dans le cadre d’un bénévolat. J’ai donc intégré un service de Soin de Suite et de Réadaptation Gériatrique de Moselle Est. Ma mobilisation était un choix.

Quel était votre quotidien de soignant pendant cette crise ?

Avec le diplôme d’Aide-Soignant validé, j’ai surtout travaillé sur les soins d’hygiène, de confort et de bien-être. Le service gardait à sa charge les soins techniques mais je participais à la préparation et j’essayais de les avancer dans les soins. Le service était sous le coup de nombreux arrêts maladie, par crainte ou par infection au virus : cette mobilisation était la bienvenue !

Côté précautions, les structures ont géré avec un maximum de professionnalisme, nous n’avons manqué ni de masques, ni de sur blouses. Tout était à notre disposition dès notre arrivée.

J’ai été surpris par l’élan de solidarité émanant de l’extérieur : tous les jours étaient disposés devant la porte des cartons remplis de matériel de soins, de cadeaux du type croissants, pain, restauration… Les structures travaillant en personnel réduit (ASH, restauration), ces cadeaux étaient les bienvenues. Il y a même eu des gens venus toquer à la porte pour proposer leur aide…

Votre mobilisation a-t-elle eu un impact sur votre quotidien ?

Père de 2 enfants, avec une épouse à la santé fragile, j’ai dû mettre un protocole en place pour que dès mon retour au domicile, la voie soit libre jusqu’à la douche, avec mon bac à linge et une machine à laver le linge dédiée à mes affaires. Je pense être professionnel et avec un passé militaire, j’ai été confronté à des cas graves. Si l’on reste vigilant avec les gestes barrières et les protocoles mis en place, il n’y a pas de raison : je ne me voyais pas rester chez moi sans intervenir de toute façon. De plus, si avec peu de matériel en Afrique, j’ai réussi à ne pas tomber malade, je dois arriver à m’en sortir en France.

Quelle expérience en tirez-vous ?

J’en sors grandi humainement et professionnellement !

Le contexte était particulier, les gens ne voyaient que nos yeux, ce qui est très perturbant dans les repères. Et puis quand vous rencontrez ensuite des malades qui s’en sont sortis, cela vaut tous les trésors du monde.

On se rend compte aussi qu’en travaillant main dans la main, même avec des effectifs réduits, on peut faire de belles choses.


LAGGOUN Soraya

Soraya - Formation IDE 2ème année - Châlons

Dans quel cadre avez-vous été mobilisée ?

Mon stage concernait initialement la rééducation fonctionnelle dans un Centre Hospitalier du Grand Est. Avec la pandémie, le service est devenu un espace réservé aux personnes atteintes du virus. Ils sortaient pour la plupart de réanimation. Le responsable pédagogique de l’institut de Châlons a pris soin de m’appeler avant que je n’intègre le service pour m’informer de ces changements et me demander si j’acceptais la mission.

Quel était votre quotidien pendant cette crise ?

Concernant les nouvelles mesures mises en place dans le service, j’ai été formée en même temps que les infirmières : elles disposaient de la pratique mais j’avais également un parcours professionnel en tant qu’aide-soignante dans un service hospitalier. Sur-blouses, blouses, charlotte, chaussons et lunettes sont devenus notre quotidien : nous avions demandé des blouses supplémentaires pour pallier au lavage quotidien de nos affaires, ils nous ont proposé la prise en charge du lavage de notre blouse pendant toute la durée du stage.

Le confinement était difficile pour les patients qui ne voyaient que nous, il y a eu beaucoup de décompensation. Des visios ont été mises en place mais cela ne remplace pas le contact humain avec les familles, l’isolement est flagrant.

Votre mobilisation a-t-elle eu un impact sur votre quotidien ?

J’ai une fille de 6 ans, il a fallu lui expliquer que j’avais besoin d’un moment lors mon retour au domicile pour me changer et me doucher. Les câlins étaient permis ensuite, une fois le risque maîtrisé. L’école lui avais déjà expliqué les conséquences et les gestes barrières nécessaires pour lutter contre le virus, elle a vite intégré la nécessité de la distance.

C’était surtout la prise en charge du patient qui m’inquiétait, le fait de ramener le virus à mon domicile et de faire prendre des risques à ma famille.

Quelle expérience en tirez-vous ?

Une expérience très riche, beaucoup d’émotions, de belles rencontres.

Le service était très disponible et mettait les moyens dans l’accueil des stagiaires.

J’étais déjà aide-soignante auparavant, j’ai déjà eu l’opportunité de voir et de vivre beaucoup de situations, donc pour moi la prise en charge du patient était plutôt facile.

Ce qui est anxiogène, c’est le fait de ne pas savoir : connaître l’impact du virus, sa transmission et ce que cela peut donner à long terme. On nous dit par exemple que les enfants ne sont pas vecteurs mais il n’y a pas de certitude….

Les rituels barrières étaient très lourds et importants : nous nous devions de ne rien oublier lors de notre préparation. L’adaptation est une qualité importante dans notre profession.

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